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Le premier contact entre Rifains et Ibères noua ces relations mitigées par la mise à sac en 710 d'Algéciras et de ses environs par un commando de 400 hommes conduit par son chef Tarik Ibn Zohra, qui légua son nom au lieu de leur débarquement, Tarifa.
L'année suivante, l'armée de Tarik, qui donnera son nom au promontoire rocheux de Gibraltar, poussera son incursion jusqu'à Séville, Cordoue et

Tolède.
En 713, l'invasion de l'Espagne était consommée avec la mort du Roi Rodrigue et la consolidation de l'Islam en terre andalouse par Moussa Bnou Noussaïr, gouverneur du Khalif pour l'Afrique du Nord.
Après la Catalogne et l'Aragon, l'Émir d'Espagne Abdalrahman dévalera les Pyrénées en 732 jusqu'à Poitiers en France, en boutant les Wisigoths de leur dernière dépendance.
L'Espagne musulmane connut son apogée au milieu du Xème siècle sous Abd Al Rahman II qui développe le commerce maritime avec la Méditerranée au point que l'État indépendant ainsi créé s'intégra au jeu politique des alliances avec Constantinople et l'Orient.
La vocation maritime du Royaume Oumeyyade d'Espagne déterminera la première forme de coopération entre Arabes et Espagnols d'origine chrétienne dans la constitution des équipages nécessaires pour les flottes commerciales et corsaires.
Après la soumission de l'Archipel des Baléares, l'escadre Oumeyyade vaquera dès 927 à la prise des présides de Mellilia et plus tard de Sebta alors sous la coupe des Fatimides.
Le contrôle des deux rives de la Méditerranée occidentale renforcera la pratique de la piraterie par les corsaires espagnols, chrétiens et musulmans jusqu'aux confins de l'Italie.
Les rivalités entre les Royaumes d'Andalousie renverseront à partir du XVème siècle l'équilibre des forces qui détermineront la reconquête de l'Espagne par la Chrétienté.
L'Espagne redevenue catholique, portera cette vague d'expansion jusqu'en Afrique non seulement contre les Maures, mais aussi contre les entreprises du Portugal, qui tente de percer la route des Indes, pour prendre le contrôle du trafic des épices détenu par le monde musulman.
Avec le début du XVIème siècle, les Maures demeurés sous la coupe d'Isabelle furent contraints d'abjurer leur religion musulmane sous peine d'expulsion.
L'inquisition obligera dès 1502 les marins vivant de piraterie à s'installer en côte africaine notamment à Tétouan, Nakkour, Badis, Salé et Safi.
L'emprise de la haine et le désir de vengeance présideront aux nouvelles relations avec les exilés andalous qui recherchent dans le financement de la course, la destruction de l'Espagne chrétienne.
Arrivée au pouvoir au milieu du XVème siècle, la dynastie saâdienne réorganisa le Royaume et, en refusant la tutelle ottomane, engagera le Maroc dans une alliance avec les Espagnols contre les Turcs.
Ce renversement fut de courte durée, puisque après son accession au trône d'Espagne, Philippe II, héritier de Charles Quint V, se préoccupa plus de la suprématie de la maison d'Autriche et de la lutte contre les hérétiques que de l'alliance avec les Marocains.
Les succès de la piraterie conduite à partir d'Alger par l'amiral Kheir Eddine "Barbe Rousse" inquiéteront le Pape Pie V au point de réunir les flottes chrétiennes sous la bannière de la Sainte Ligue pour livrer la bataille de Lépante, à laquelle participeront de nombreux navires marocains sous la conduite du Prince Moulay Abbdelmalek.
Moulay Abdelmalek, qui prit part aux nombreuses expéditions maritimes turques alors qu'il vivait sous la protection ottomane, fut intronisé grâce à l'appui de cette cour (la Sublime Porte) avant de s'allier à ses ennemis espagnols pour assurer l'indépendance de son Royaume.
Survint à cette époque la bataille de Oued El Makhazine ou des Trois Rois qui consacra la déroute de l'armée lusitanienne avec la mort du Roi Don Sebastian et l'occupation du Portugal par l'Espagne pendant soixante ans.
En vérité la déroute portugaise, le Maroc la doit non seulement à la valeur de sa cavalerie, mais aussi à la chance de ne pas avoir fait plutôt les frais de la puissance espagnole, détournée par ses ambitions dans le Nouveau Monde.
La victoire marocaine de 1578 suscita le mouvement maurisque en Espagne et de nouvelles expulsions qui essoufflèrent l'économie et furent le début d'une grande dépression qui dura jusqu'au XVIIIème siècle après la débâcle de l'invincible armada en 1588.
L'arrivée au pouvoir de la dynastie Alaouite à partir de 1659 clôture cette période de ressentiment religieux par une ère de tumultueuses négociations entre le Maroc, l'Angleterre et la France.
Le rapprochement avec l'Espagne ne survit qu'avec la convention de 1780 sous les règnes de Sidi Mohamed Ben Abdallah et de Charles III.
Ces traités sont d'un genre nouveau puisqu'ils consacrent la liberté de navigation et de commerce, la protection des biens et des personnes, mais également des avantages douaniers et des monopoles.
La conférence de Madrid de 1871, qui fut le prélude à la surenchère coloniale, à travers les clauses de protection et de relations maritimes suivies avec le sud marocain, notamment à Sidi Ifini, avait obtenu en outre par le traité de 1860, suite à la guerre de Tétouan de 1859, la concession à perpétuité du territoire de Santa Cruz de Mar Pequena, correspondant à une pêcherie développée en 1476 sans que le lien de l'établissement puisse être exactement situé.
À partir de 1893, l'incident de Mellilia fut le prétexte de crises et d'exactions de la part de l'Espagne qui, de concert avec les autres puissances, uvrait à instaurer sa tutelle sur le Maroc.

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